Variations sur un même thème
Posté par sniper82 le 21 mai 2007
Marc Laviolette, le président du SPQ libre, en entrevue à NTR, ce dimanche, a jugé que le PQ a jusqu’à maintenant adopté une politique «trop mécanique» face au référendum plutôt que de se lancer dans un large programme d’éducation populaire visant à renseigner les Québécois sur le fonctionnement des institutions à l’intérieur d’un Québec indépendant.
Le SPQ libre dit ne plus vouloir revenir aux vieilles notions de souveraineté-association ou de souveraineté-partenariat et juge qu’un virage à droite serait «suicidaire», les autres partis politiques provinciaux occupant déjà cette position.
Parmi la panoplie de choses que l’on peut facilement qualifier d’exaspérantes au Québec, cette tendance qu’a le gauchiste éternel à voir la droite partout où elle n’a jamais même mis les pied occupe sans contredit une place de choix tout au haut de la liste.
Le simple fait que certains considèrent encore que les principaux partis politiques québécois soient “de droite” est proprement risible.
En fait, il n’existe aucune formation politique de droite au Québec.
Par droite, j’entends par là un véritable parti libéral, au sens classique du terme, désireux de réduire de façon substantielle la présence de l’État dans l’économie et la vie des citoyens, se contentant de jouer son rôle de garant des libertés individuelles.
Le Parti libéral du Québec et l’Action démocratique, que plusieurs qualifient sans même comprendre le sens de l’épithète de “néoconservateurs” sont au plus des partis de centre-gauche, partageant grosso modo la même idéologie avariée.
Le PLQ est un parti foncièrement étatiste, interventionniste et complexé. La fameuse “réingéniérie de l’État” promise par Jean Charest n’a bien sûr jamais eu lieu. Pis encore, la croissance de l’appareil étatique québécois fut plus intense lors du dernier mandat libéral que sous les trois gouvernements péquistes précédents.
Quant à l’ADQ, elle est plutôt de la mouvance “droite nationaliste”, analogue en certains points au paléoconservatisme américain. Il s’agit là d’une droite culturelle, sociale mais profondément anti-libérale, démagogue et hostile à la mondialisation, au secteur privé et au libre-marché. D’ailleurs, les premiers gestes significatifs posés par Mario Dumont depuis l’accession de son parti au rang d’opposition officielle furent de s’opposer aux baisses d’impôts promises par les libéraux et de sceller une fois pour toutes la mort du plan de privatisation partielle du parc déficitaire du Mont-Orford.
Quant au Parti Québécois, il est infesté des mêmes relents marxistes gangrènant encore aujourd’hui son cousin idéologique qu’est le Parti socialiste français. Embriquant connement interventionnisme, protectionnisme, syndicalisme et socialisme exacerbé, le PQ demeure l’un des seuls partis gauchisants “mainstream” en Occident à refuser obstinément l’essentielle évolution blairiste qui s’impose, tout en considérant encore le travailleur comme éternel exploité et l’entrepeneur comme méchant-exploiteur-capitaliste-violeur-de-bébés.
Il existe certes une réelle droite au Québec, fortement minoritaire voire marginale, mais cette dernière n’est d’aucune façon représentée au sein de la classe politique ambiante.
Lors de la désormais fameuse élection présidentielle française de 2002, plusieurs se sont plu a ironiser que le duel ultime Chirac-LePen n’équivalait ni plus ni moins qu’à un choix entre la droite et l’extrême-droite.
Que dire alors du plus récent duel Charest-Dumont-Boisclair? Variations sur un même thème: gauche libérale vs gauche populiste vs gauche socialiste. Voilà le réel choix qui s’offre aux Québécois et la raison principale pour laquelle le dernier bastion nord-américain du socialisme, voire le seul ayant jamais existé sur le continent, exaspère par son refus obstiné et suicidaire de s’adapter à un monde qui change.
Même les rares chroniqueurs politiques usuellement associés à la droite (Alain Dubuc, Joseph Facal, André Pratte), ne souscrivent à une doctrine économiste de centre-droit qu’en dernier ressort, par défaut et résignés, non pas parce qu’ils voient en la création de richesse ce qu’elle est réellement, c’est-à-dire une fin en soi, mais bien essentiellement comme une issue qui nous permettrait ultimement de consolider les dogmes de la Révolution tranquille en conservant notre ”modèle social français” à la québécoise pendant quelques années encore.
Question d’illustrer le propos, laissons-nous pour le moment sur quelques citations tripartisanes:
“Tout est privilège concédé par l’état: votre voiture, votre maison, votre profession, bref votre vie; et ce que l’état donne, il peut le reprendre si vous n’êtes pas un contribuable docile.”
- Pierre-André Paré, ex-sous-ministre du Revenu (PLQ)
“L’éducation devrait être comme à Cuba. Avoir l’éducation gratuite pour tout le monde.”
- Gilles Gagnon, candidat Abitibi-Est (ADQ)
“J’exhorte tous les pacificistes, tous les altermondialistes, tous les féministes, tous les progressistes et tous les environnementalistes à se rallier au Parti québécois.”
- André Boisclair, ex-chef (PQ)
Quelle droite?
Cet article a été publié le 21 mai 2007 à 12:14 et est classé dans ADQ, Droite, Gauche, Idéologies, Libéralisme, Modèle québécois, PLQ, PQ, Politique québécoise, Québec, Socialisme, Économie. Vous pouvez suivre toutes les réponses à cette entrée à travers le RSS 2.0 flux. Vous pouvez laisser une réponse, ou TrackBack à partir de votre propre site.